Décès de Gibus Blanc

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Jacky
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Décès de Gibus Blanc

Message par Jacky » jeu. 5 nov. 2020 21:33

Le Canoë-club de Genève a la grande tristesse
de faire part du décès de

Monsieur Gilbert Blanc
Gibus

Membre du club depuis plus de 40 ans

Merci l’ami pour ta bonne humeur, ton rire communicatif, ta chaleur humaine et ta camaraderie qui ont tant apportés à la vie du club. Tous nous nous souviendrons de ce bon Père Noël qui prenait à cœur ce rôle important.
Nous savons que tu mettras de l’ambiance sur les bords de la rivière céleste où tu retrouveras sans doute des copains de navigation et de soirée autour d’un feu.

Nos pensées sincères vont à son épouse Elisa et à sa fille Julia.


Le Comité

christianCCG
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Re: Décès de Gibus Blanc

Message par christianCCG » ven. 6 nov. 2020 13:21

Bonjour,

Je présente toutes mes condoléances à Elisa et Julia. J'espère que la chaleur de l'amitié de toute la famille des navigateurs vous apportera quelques instants de paix en ces instants.

Grosses bises à vous deux !


Les annonces peuvent être consultées ici :
http://hommages.ch/Defunt/130923/Gilbert_Blanc


Je transmets ci-dessous le message d'Elisa et Julia à propos de la cérémonie d'adieu à notre cher ami Gibus

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Chères amies, chers amis de Gibus,

Vous êtes certainement au courant du décès de notre cher époux et papa Gibus. Il aurait aimé que nous soyons tous réunis pour un dernier adieu chaleureux. Malheureusement, au vu des circonstances actuelles, cela n'est pas possible et la cérémonie devra avoir lieu en toute intimité.

Par contre, pour celles et ceux qui souhaitent partager ce moment, vous pourrez suivre la cérémonie de manière virtuelle en cliquant sur ce lien: https://vimeo.com/475366045 et en entrant le mot de passe "1234".
Afin que cela fonctionne, il vous faudra utiliser les navigateurs Internet Mozilla Firefox ou Google Chrome (pas Internet Explorer). Vous pourrez donc suivre la cérémonie en direct - elle aura lieu lundi 9 novembre à 14h45 - et elle restera encore en ligne pendant 72h.

Si vous jugez nécessaire de transmettre ce message plus loin, n'hésitez pas.

Amicalement,
Elisa et Julia
Christian

PierreDubath
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Re: Décès de Gibus Blanc

Message par PierreDubath » mar. 10 nov. 2020 07:51

Gibus et la tribu flottante

Gibus apparaît dans les annales du Canoë-Club de Genève dans les années mille neuf cent septante. Probablement entrainé par son collègue du musée d’histoires naturelles Dominique Reist, il achète le kayak de sa femme Barbara et débarque au bord de la rivière Séveraisse avec sa 2 CV pour des vacances d’été en compagnie des amis du Club (en particulier : les Reist, les Riboni et les Steimer). Il est accompagné de Christiane. Très préoccupée de son maquillage, elle détonne un peu dans le décor champêtre du camping au bord de l’eau.

Dans un texte en hommage à Pierrot Dufour, président du Club à cette époque, Gibus revient sur ses débuts en kayak, les difficultés d’intégration et une première approche compliquée du président. Lors d’une descente de l’Allondon, deux embarcations entrent en collision autour d’un tas de bois. Gibus s’en sort indemne alors que Pierrot boit la tasse. En dépit des inquiétudes de Gibus, cet incident contribue à améliorer leurs relations.

Gibus se perfectionne et on le trouve dans toutes les sorties. Les séjours estivaux au bord de la Séveraisse se répètent. À Pâques, le rendez-vous est à Labeaume en Ardèche ou en Corse, sur de magnifiques rivières s’écoulant des montagnes dans une succession de bassins remplis d’une eau translucide. Les sorties de Pentecôte au bord de la Roanne dans la Drôme sont aussi une tradition tenace, la Clairette de Die coulant parfois plus abondamment que l’eau dans les rivières.

Au cours d’un séjour ardéchois, descendant Labeaume en canoé biplace avec un équipier débutant, il annonce avec beaucoup de sang froid qu'ils vont s'arrêter sur le bord et débarquer un instant, car il y a un serpent dans le bateau: il l'a senti glisser sur sa jambe. Bien entendu, difficile de croire ce farceur ! Et pourtant… c'est vrai!

À une époque, Gibus trimballe un peu partout, en voiture ou sur sa moto, un chien nommé «Flocky». Celui-ci lui est si attaché, qu’un jour, il saute d’une passerelle pour le rejoindre sur la Dranse. Le chien sauve son maitre, ou c’est peut-être l’inverse, mais tous deux finissent sains et saufs au bord de la rivière.

Une année, Gibus organise à son tour le fameux rallye du CCG. Pour l’un des postes, sous la chute de l’Aubonne, il modifie un kayak en y ajoutant une ouverture dans le fond. Il s’agit de permettre le passage des jambes sous le kayak pour pouvoir le manœuvrer avec des palmes, et ainsi d’aller chercher, sans pagaie, un maximum de petits ballons flottants sur l’eau.

Aux soirées annuelles du Club, ses déguisements, toujours très élaborés, se font remarquer, notamment lors d’une fameuse édition dédiée au Maroc.

Un jour en Corse, Gibus et Jean, deux «pinces sup», interrompent prématurément leur descente. Ils jouent à la pétanque avec des galets au bord de l’eau jusqu’à la tombée du jour, en attendant Cathy qui fait des allers et retours sur les petites routes sinueuses de montagne, avec la petite Claire.

Gibus toujours vêtu de blanc ! C’est plus pratique pour les lavages à l’eau de Javel et en bon accord avec son patronyme.

D’un naturel calme et débonnaire, Gibus n’est jamais trop pressé, surtout au volant. Grand amateur de p’tits noirs, les arrêts sont parfois fréquents.

Lors d’un voyage au Sahara, les copains s’amusent de le voir jouer tous les soirs «aux plots», s’acharnant à trouver le meilleur arrangement de ses nombreuses caisses pour pouvoir dormir bien «au plat» à l’arrière de son minibus.

C’est pendant un camp de kayak à Goumois au bord du Doubs qu’il rencontre Connie. L’amour naît, d’après nos espions, lors d’une promenade sur le chemin du Teusseret. Se sont-ils pris par la main ? Se sont-ils embrassés pour la première fois ? Certains détails sont restés dans l’ombre...

Et il y aura, plus tard, une deuxième " saison " à la série "Camp à Goumois" : c’est «Le retour» ou «The next generation», avec Gibus moniteur, Connie aidant Françoise à la cuisine et Julia, une élève cultivant de solides amitiés.

Gibus est un bon vivant, un épicurien. Mais avec tout de même quelques habitudes alimentaires un peu déconcertantes. Les omelettes Gibus peuvent contenir une foule d’ingrédients improbables et se préparer à toutes heures du jour ou de la nuit pour venir combler «un p’tit creux». Grand amateur de saucissons, d’ail et de Toblerone, pas forcément dans une même bouchée, il est aussi la seule personne, à notre connaissance, capable d’apprécier un gruyère ayant passé toute la journée à transpirer au soleil dans son emballage plastique.

Il se distingue par une franchise directe et désarmante. Quand il demande à un couple en instance de séparation : «Mais, vous foutez quoi ?», il sait transformer une prise de contact un peu abrupte en écoute attentive et pleine d’empathie.

Mais, c’est le Gibus «bout en train» qui revient le plus souvent dans nos mémoires. Il fait volontiers le pitre au coin du feu, exploitant des talents acquis comme batteur dans un groupe de rock. Le souvenir d’un fameux Boléro, scandé en cœur avec quelques instruments de fortune, est encore vif dans les mémoires. Tout ce qui lui passe par les mains, casserole, bout de bois, est bon pour battre le rythme, qu’il accompagne d’onomatopées sorties tout droit d’une vie antérieure de moine tibétain.

Avec son regard espiègle, il est habile à «faire marcher» son entourage, comme, par exemple, lorsqu’il mime la conduite d’un QUAD dans le but de titiller la fibre écologique d’une certaine membre du Club.

Toujours séduit par des femmes coquettes, il nous présente Élisa, une deuxième suisse allemande. On ne l’a certes pas vue souvent sur l’eau, mais elle a su très finement trouver sa place dans la tribu sans trop se mouiller ! Avait-il décidé de la «garder bien au sec» ?

La plupart des copains ont fini, un jour, par faire leur «coming out», comprenez, troquer leur canoë contre un kayak, estimant qu’ils avaient passé l’âge de plier les jambes en quatre. Mais Gibus a toujours refusé le confort du kayak. Sa jeunesse d’esprit (et peut-être aussi son entrainement d’aïkido) ont sûrement dû l’aider à rester des heures, assis sur ces talons, sur le fond de son embarcation.

Gibus endosse le costume du père Noël, débarquant de son canoë à la Jonction pour le bonheur des plus petits. Il n’envisage pas ce rôle à la légère et s’entraine sérieusement pour pouvoir s’adresser aux enfants avec le ton et des manières appropriés.

Julia, Élisa, les membres de la tribu flottante sont fidèles ! Ces presque cinquante ans d’amitié ne vont certainement pas s’arrêter là. Gibus gardera sa place dans nos cœurs et nos mémoires, et vous, vous avez la vôtre à nos côtés. Nos portes sont grandes ouvertes ! Il n’y a de toute façon pas de porte autour d'un feu de camp. Soyez assurées que vous pourrez toujours compter sur nous.



La tribu flottante

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